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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Quoi faire?
La décomposition

Une feuille tombe dans la forêt. Et une autre. Et une autre... Si les feuilles s’entassent au sol, pourquoi le tapis de feuilles mortes dans la forêt n’est-il pas plus épais ou du moins, pourquoi ne semble-t-il pas l'être?

Une feuille orangée tombe sur le sol de la forêt. Et une autre. Et une autre... Si les feuilles s’entassent au sol, pourquoi le tapis de feuilles mortes dans la forêt n’est-il pas plus épais ou du moins, pourquoi ne semble-t-il pas l'être? Parce que les feuilles ont été décomposées. À notre insu, la matière organique, soit les résidus végétaux et animaux qui se retrouvent au sol, subissent des transformations avec le temps, selon les conditions physiques qui les entourent. Cette suite de transformations, c’est la décomposition.

De A à Z

D’abord, l’eau sera mélangée à la matière organique et au sol par ruissellement et infiltration. Lors de son passage, cette eau dissout certaines matières, c’est le tout début de la décomposition.

Ensuite, la matière restante sera fragmentée par les macro-organismes*. Les vers de terre, nématodes, mille-pattes, escargots et coléoptères en tout genre se nourrissent des résidus organiques en se déplaçant dans le sol, ce qui mélange le tout! Cette incorporation rend le sol homogène et produit des particules organiques pour les bactéries.

Ces dernières, et d’autres micro-organismes**, comme les champignons et les actinomycètes, qui arrivent en fin de parcours pour s’attaquer aux matières qui « résistent encore et toujours aux envahisseurs » (comme le village d’Astérix, haha!), entrent en scène pour le catabolisme enzymatique. Qu’est-ce que c’est? C’est la dégradation des molécules de la matière lorsque les micro-organismes s’en nourrissent***. Pour ce faire, ils sécrètent des enzymes qui attaquent la matière organique et transforment ses molécules pour qu’elles deviennent solubles (donc possiblement dissoutes et ainsi, facilement absorbables****).

À certaines conditions

Un jour, un mois, un siècle…. La vitesse de décomposition de la matière dépend des organismes qui la dégradent et des conditions dans lesquelles elle se trouve. Le climat, la température et l’abondance de l’eau (ou d’humidité dans le sol) font varier les espèces de la faune du sol et les communautés micro-organiques qu’on trouve dans un milieu. Ensuite, les caractéristiques du sol vont influencer l’efficacité des décomposeurs. La quantité d’oxygène (qui est nécessaire pour certaines bactéries), la grosseur des particules du sol, sa texture, son acidité sont toutes des variables qui entrent en jeu lors de la dégradation de la matière.

Décomposition à la maison

Savais-tu que 47 % de ce qui compose nos ordures sont en fait des matières décomposables? Ta matière organique (tes déchets de table, par exemple) se décompose en présence d’humidité et d’oxygène. Tes déchets deviennent du compost, une terre riche en humus et hyper bonne pour les plantes de ton jardin et ton potager! Étant une solution simple et écologique, le compostage est une façon de réduire environ de moitié la quantité de déchets destinés aux incinérateurs et sites d’enfouissement! Ainsi, si tu as envie de diminuer facilement ton empreinte sur notre belle planète, voici quelques conseils! 😉

Plusieurs municipalités fournissent des bacs bruns de compostage et en font la collecte régulièrement. (Le même procédé que pour ta poubelle dans le fond.) Sinon, tu peux aussi construire ton propre composteur!***** Positionne un bac dans ta cour dans un endroit ni trop ensoleillé, ni trop à l’ombre et bien à plat. Il est possible de mettre des branches dans le fond pour permettre la circulation de l’air et d’ajouter, au début, de la terre de jardinage ou une base de compost. Tu pourras y ajouter tes résidus organiques. Il faudra le surveiller régulièrement, vérifier l’humidité, alterner entre résidus humides et résidus secs (feuilles mortes, papier journal…) et brasser le tout.

Si tu te demandes quoi mettre dans ton bac de compostage, tu peux te poser les questions suivantes : Est-ce que ça se mange? Est-ce un résidu de jardin? Est-ce du papier ou carton souillé? Si une ou plusieurs de ces réponses sont « OUI » tu peux le mettre au compostage! Tu peux aussi visiter le site et l’application « Ça va où? » qui peut t’éclairer davantage!

Voilà! Maintenant, que les secrets de la décomposition de la matière organique sont révélés, es-tu prêt.e à décomposer à la maison? 😉

NOTES

* Un macro-organisme, par opposition à un micro-organisme, est un organisme vivant visible à l'œil nu, de la baleine bleue au ver de terre.  

** Les micro-organismes sont des êtres vivants microscopiques comme les bactéries, les virus, les champignons unicellulaires et les protistes. Appelés autrefois microbes, les micro-organismes jouent un rôle essentiel dans les cycles écologiques, comme c’est le cas ici.

*** Ils se nourrissent d’acides aminés.

**** En absorbant ces molécules solubles, les micro-organismes satisfont leur besoin en énergie et nutriments. Ils libèrent ensuite des nutriments en trop dans le sol, nourrissant ainsi les végétaux. Et par un phénomène de respiration, ils libèrent aussi du carbone (sous forme de CO2).

***** Avant de commencer, renseigne-toi auprès de ta municipalité au sujet des lois ou des règlements concernant les composteurs, et le compostage en général.

Par Lou, éducatrice-naturaliste

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay

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Qc-Nature
La bioaccumulation

Le concept de bioaccumulation désigne donc l’accumulation d’un ou de plusieurs contaminants dans les tissus d’un organisme vivant. On t'explique ce concept.

La bioaccumu... quoi?! La bioaccumulation! Mais tu vas voir, ce n’est vraiment pas compliqué. Ce concept est simplement le terme accumulation, auquel on a accolé le préfixe bio qui exprime l’idée de vie ou du vivant. Le concept de bioaccumulation désigne donc l’accumulation d’un ou de plusieurs contaminants dans les tissus d’un animal ou d'une plante. Évidemment, pour qu’il y ait accumulation, cela veut dire que cet organisme ingère le contaminant plus vite qu’il ne peut s’en débarrasser.

Et euh... c’est quoi un contaminant? Très bonne question, je vois que tu es attentif! Un contaminant est une substance dans notre cas, elle peut être liquide, solide, gazeuse ou même de nature radioactive qui va nuire à la santé des êtres vivants qui y sont exposés ou altérer la qualité de l’environnement.

Un geai bleu qui bioaccumule.

Bioamplification

La bioamplification est un type de bioaccumulation dit indirect, car elle se fait par le biais d’un ou plusieurs organismes intermédiaires qui vont être les premiers à être exposés au contaminant. Ces organismes intermédiaires sont généralement les espèces du niveau inférieur dans la chaine alimentaire.

Bon, OK, plus concrètement, imagine que dans les années 50-60 le gouvernement encourage l’usage d’un super pesticide. On pourrait par exemple l’appeler dichlorodiphényltrichloroéthane, et même lui donner un surnom, disons DDT. Imaginons donc que le gouvernement encourage l’usage massif de ce DDT, car il est très efficace pour tuer certains arthropodes jugés nuisibles comme les moustiques ou encore la tordeuse de bourgeons de l’épinette. Super, non?! Enfin une solution miracle! Mmm, pas si sûr... parce qu’imagine toi aussi que ce genre de pesticide mette beaucoup de temps à se décomposer. Il commencerait alors à s’accumuler dans l’eau, dans les plantes et les petits animaux qui sont à la base de la chaîne alimentaire. Imaginons donc que ce DDT s’accumule en petite quantité dans les insectes qui vont consommer les plantes traitées. Puis en plus grande quantité dans des oiseaux comme le geai bleu, le carouge à épaulettes ou encore l’étourneau sansonnet qui consomment ces insectes en grand nombre. Imagine maintenant la quantité de DDT qu’on retrouverait dans un prédateur comme le faucon pèlerin qui se trouve en haut de la chaîne alimentaire et qui ne consomme que des proies comme le geai bleu ou le carouge!

Un faucon pèlerin qui pourrait être plein de DDT...

Je sais, je sais, tu m’as démasqué! Je l’avoue, je ne l’ai pas vraiment inventé mon histoire de DDT! Mais cet exemple, bien réel, de bioamplification a malheureusement failli se solder par la disparition du faucon pèlerin. Si la forte concentration de DDT dans son organisme n’était pas suffisante pour le tuer directement, elle venait cependant affecter sa capacité à se reproduire. Le pesticide venait, en effet, entraver la capacité du faucon pèlerin à produire une coquille d’œuf assez solide pour supporter le poids de la femelle pendant l’incubation. La mère ne pouvait donc plus couver ses œufs qui s’écrasaient sous son propre poids*. Quelle horreur!  

Un autre exemple de bioamplification serait la présence de fortes concentrations de mercure chez les grands poissons carnivores comme le thon ou le requin.

Bioconcentration

Par opposition à la bioamplification, la bioconcentration est un type de bioaccumulation direct. Ici, pas besoin d’intermédiaire, l’organisme vivant va directement être contaminé depuis son milieu environnant. On peut penser, par exemple, au cas de la truite arc-en-ciel. C’est une espèce qui, en s’alimentant, a tendance à absorber une grande quantité de contaminants directement depuis le milieu aquatique au sein duquel elle évolue. C’est également la raison pour laquelle les scientifiques se servent de ce petit poisson comme bio-indicateurs, pour surveiller la qualité des eaux et notamment leur concentration en métaux lourds.

Des truites arc-en-ciel qui bio-indiquent.

Un bio-indica...quoi?! Un bio-indicateur! Mais tu vas voir, ce n’est vraiment pas compliqué. Ce concept est... Euuuh oui bon, là par contre, ça prendra un nouvel article. Si tu veux, pour faire court, ce sont des indicateurs vivants de la santé d’un écosystème ou de la qualité d’un milieu, comme le lichen et certains amphibiens. Mais si tu patientes un peu, on y reviendra!

NOTE

* Heureusement, l’usage du DDT a été limité en Amérique du Nord dès le début des années 70, puis définitivement banni pour l’agriculture à l’échelle de la planète en 2004, lors de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Le faucon pèlerin, lui, a pu être sauvé grâce à des programmes d’élevage et de remise en liberté menés par plusieurs fauconniers à travers le pays. Il s’agit, encore aujourd’hui, de l’un des programmes de rétablissement d'espèces en danger parmi les mieux réussis.

Par Gabriel, éducateur-naturaliste

Sources images : GUEPE, James St. John, U.S. Fish and Wildlife Service Headquarters, Pacific Northwest National Laboratory - PNNL

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Quoi faire?
La grande oie des neiges est de retour

La saison des oies des neiges est de retour! Elles sont de passage au Québec et c’est le bon moment pour aller les admirer. On t’a donc fait un petit guide pour les observer!

La saison des oies des neiges est de retour! Elles sont de passage au Québec et c’est le bon moment pour aller les admirer. On t’a donc fait un petit guide pour profiter au max de ce spectacle hors du commun qu’on est chanceux de pouvoir compter parmi notre patrimoine naturel!

Quoi observer?

Tu cherches un gros oiseau blanc avec le bout des ailes noir*. Et quand on dit « gros », on veut dire un non négligeable 1,5 m d’envergure (soit la longueur du bout d’une aile à l’autre). On est assez loin des petites mésanges, disons… À l’automne, tu pourras aussi observer les juvéniles. Les oisons nés dans l’Arctique pendant l’été ont un plumage gris et se tiennent généralement avec deux adultes, papa et maman. Un couple qui dure pour la vie! La grande oie des neiges n’est pas la seule à être dans les parages à l’automne. Bon nombre d’oiseaux migrateurs aquatiques se retrouvent aux mêmes haltes migratoires que l’oie. Alors, ne fais pas le saut si tu n’observes pas que du blanc dans tes jumelles.  

Tu gagnes 100 points d’observation, si tu vois une oie avec des bijoux! Les colliers numérotés et les bagues sur leurs pattes sont un système de marquage qui permet aux chercheurs de faire un suivi des populations, tout au long de leur parcours migratoire. Prends en note le numéro pour aider la science et visite ce site.

Quand les observer?  

La grande oie des neiges est de passage au Québec deux fois par année. À l’automne, elle quitte l’Arctique, où elle niche, pour se rendre sur la côte est des États-Unis (un voyage d’environ 8 000 km). C’est là qu’elle passe l’hiver. En route, elle s’arrête au Québec quelques semaines pour rendre une pause bien méritée. Au printemps, après avoir passé l’hiver « au chaud » dans le Maine, elle amorce sa remontée vers les plaines de l’Arctique, en s’arrêtant par chez nous.  

En suivant le corridor migratoire (a.k.a. une autoroute aérienne d'oiseaux), l’oie se rend jusque sur les rives du Saint-Laurent et s’y arrête pour prendre des forces. Elle se nourrit des rhizomes de plantes aquatiques** sur les battures. C’est quoi ça? C’est la zone de terre vaseuse qui apparaît entre la marée haute et la marée basse. Au Québec, la nourriture est abondante et les marées sont importantes. C’est donc une halte migratoire de choix capable de supporter les 800 000 oies blanches.  

Juste quelques oies

Pour un maximum d’observations, tu dois choisir le bon moment de la journée. Les oies se nourrissent principalement à marée basse. Lorsque l’eau remonte, elles se regroupent dans les champs près des rivages et tu as beaucoup plus de chances de bien les voir. En fin de journée, elles retournent au bord de l’eau pour passer la nuit loin des prédateurs.  

Comment observer?  

Nos lignes directrices pour passer de voyeurs à ornithologues avertis :  

  • Amène tes jumelles et observe à distance pour ne pas déranger les oies. (Et entre nous, il y en a tellement, que tu n’as généralement pas besoin de jumelles…)
  • Fais-toi discret.ète, car au moindre bruit, à la moindre distraction, ce sont des milliers d’oies qui décolleront. En passant inaperçu, ça réduit le stress des animaux et assure de bonnes observations (pour toi et pour les autres amateurs d’oiseaux).  
  • Ne laisse aucune trace de ton passage. Pour que les oies (et les autres oiseaux migrateurs) profitent de nos haltes migratoires, elles doivent rester intactes. Reste dans les sentiers et utilise les infrastructures en place, comme les belvédères.
  • Ne nourris pas les oiseaux. As-tu déjà entendu parler du syndrome de l’aile d’ange? C’est une déformation incurable de l’aile qu’on trouve chez les oiseaux aquatiques, comme les oies, les canards et les bernaches. L’extrémité de l’aile de l’individu affecté est retroussée vers l’extérieur; l’oiseau est incapable de voler et devient une proie facile. Cette condition, le plus souvent mortelle, est liée à une alimentation trop faible en vitamines, et trop riche en calories, particulièrement en glucides et en protéines. D’où viennent ces calories? En partie de la nourriture donnée (volontairement ou pas) par les humains, comme le pain. La vérité, c’est que les oies n’ont pas besoin de nous pour trouver de la nourriture, les battures suffisent. Nourrir les animaux sauvages peut modifier leur comportement et les rendre plus vulnérables.  

Où les observer?  

On a sondé l’équipe et voici les suggestions des naturalistes de GUEPE pour faire des observations trop malades de la grande oie des neiges.  

Au Cap-Tourmente

NOTES

* Il se peut de voir des oies avec les joues ou le cou roux. C’est parce que l’oie se nourrit dans la vase, en enfouissant sa tête (comme sur cette photo), et que le sol vaseux des berges du fleuve contient du fer. Cette coloration est donc due à l’oxydation du fer sur les plumes de l’oie. En réalité, si elle mangeait avec plus de classe, elle serait toute blanche!  

** Pour ses qualités nutritives, la grande oie des neiges affectionne particulièrement le scirpe d’Amérique, qu’on trouve en très grande quantité dans la vallée du Saint-Laurent. Au printemps, l’oie ajoute à son alimentation des grains résiduels qu’elle trouve dans les champs.  

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Jean Beaufort, Ray Hennessy, Gilbert Bochenek

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Vedette du mois
Le canard branchu, le plus élégant du plan d’eau

En automne, il n’y a pas que les arbres qui revêtent leurs plus belles couleurs : le canard branchu, lui aussi, se pare de ses plus beaux atours! On te le présente.

En automne, il n’y a pas que les arbres qui revêtent leurs plus belles couleurs : le canard branchu, lui aussi, se pare de ses plus beaux atours!

Comment l'identifier

C’est sûr que, pour pouvoir l’identifier, on pourrait passer des heures à décrire son plumage nuptial aux motifs complexes : sa longue huppe d’un vert irisé, son bec rouge, blanc et noir, sa poitrine brune mouchetée, ses yeux rouges à iris noir, son collier blanc, ou encore parler des reflets bleus sur ses ailes... Aaah, qu’il est beau! Mais, la vérité, c’est que, même sans toutes ces indications, tu le reconnaîtras au premier coup d’œil. Le canard branchu, du haut de ses 50 cm et fort de ses 650 g, est tout simplement le canard le plus élégant du plan d’eau!

Et, même si c’est le mâle qui arbore le plumage le plus coloré, la femelle n’est pas en reste. Elle possède, elle aussi, une petite huppe et des lunettes blanches autour de ses yeux qui lui donnent une allure très distinguée.

Un oiseau migrateur

Après avoir passé l’été à élever ses petits, la venue de l’automne est synonyme de grands changements pour le canard branchu. Il commence d’abord par muer. Il se débarrasse de son plumage d’été*, acquis vers le mois de juin, au profit de son plumage nuptial coloré. Cette période délicate les oblige à se faire discrets, car ils ne pourront pas voler pendant les quelques semaines nécessaires à la repousse du plumage. Une fois son plumage nuptial revêtu, qu’il gardera jusqu’en juin, le canard branchu est fin prêt pour débuter sa migration! Il ira s’installer dans le sud-est des États-Unis pour passer l’hiver et trouver un partenaire. Une fois les couples formés et avec le retour du printemps, le plus beau des canards reviendra nidifier dans nos régions vers le début du mois d’avril. Il ne te reste donc plus beaucoup de temps pour les observer avant leur départ!

Reproduction inusité

Et si l’on ne s’attarde souvent que sur son allure de star de cinéma, le plus surprenant chez ce canard est pourtant son don pour... l’escalade! Oui, oui, tu as bien entendu : le canard branchu est un excellent grimpeur capable de se percher sur de hautes branches grâce aux griffes qu’il possède à l’avant de ses pattes palmées. Mieux encore, il aime nicher dans les arbres près de l'eau, utilisant des anciens trous de pics ou des cavités naturelles pour établir son nid. Et, attends! Ce n’est pas le plus impressionnant... Cet équilibriste devra se livrer à un sacré numéro d’acrobate pour quitter sa maison. Durant les premiers jours après leur naissance, les petits doivent en effet réussir un véritable rite de passage en s’élançant dans le vide. Ils doivent parfois même chuter d’une hauteur qui peut atteindre les 15 mètres pour rejoindre le sol! Imagine-toi si nous avions à sauter du haut d’un immeuble de 10 étages le lendemain de notre naissance! Mais rassure-toi, la plupart des 7 à 12 canetons qui forment une portée, arrivent à battre des ailes pour ralentir leur chute et rebondissent sur le sol où leur épais duvet les aide à amortir le choc. Ouf!

Mais ce n’est que le début des épreuves pour cet amateur de sensations fortes! Même si cela peut paraître déjà beaucoup pour un nouveau-né, réussir à atteindre le milieu humide où il va grandir n’est qu’une des nombreuses étapes qui l’attendent. Il devra encore réussir à éviter brochets, grands hérons, buses à épaulettes... La liste de prédateurs en quête d’un snack est longue! Ce n’est pourtant qu’à ce prix, que les plus chanceux pourront prendre leur premier envol vers l’âge de 2 mois pour se préparer à leur première migration.

Ploup! 

Viens à la rescousse!

Le canard branchu n’est pas une espèce en voie de disparition. Selon les derniers inventaires, il serait même la seconde espèce de canard la plus répandue dans les basses terres du Saint-Laurent. Mais, ça ne veut pas dire que tu ne peux pas lui donner un petit coup de pouce! Si tu souhaites aider à son épanouissement au Québec, tu peux contacter un club d’ornithologie près de chez toi. Ces derniers mettent souvent en place des projets d’installation de nichoirs spéciaux qui vont favoriser l’éclosion de ces petits cascadeurs.

Maman branchu dans un nichoir

NOTE

* Le plumage d’été du canard branchu, et de la majorité des canards en général, est beaucoup plus sobre que le plumage nuptial. Ici, on n’essaye plus d’impressionner et de se démarquer des autres individus pour trouver un partenaire, on essaye plutôt de faire profil bas et de se fondre dans le paysage pour éviter d’attirer de potentiels prédateurs pendant l’élevage des petits.

Par Gabriel Gabard, éducateur-naturaliste

Sources images : Diana Robinson, Mary Keim

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313
Choix du naturaliste
La FAQ de la faune souterraine

T’es-tu déjà demandé.e ce qui se passait sous tes pieds? Est-ce qu’il y a du monde qui vit là-dessous? Pourquoi? Comment? Alors, n’attends plus! Plongeons dans les entrailles de la terre; le monde souterrain nous attend!

T’es-tu déjà demandé.e ce qui se passait sous tes pieds? Est-ce qu’il y a du monde qui vit là-dessous? Pourquoi? Comment? Tu te dis peut-être même : « Ah, si seulement j’avais le pouvoir de me transformer en fourmi! » (Pour ma part, cela a toujours été un de mes nombreux rêves! 😉)

Alors, n’attends plus et suis-moi! Plongeons ensemble dans les entrailles de la terre; le monde souterrain nous ouvre ses portes!  

Un tamia dans un terrier!

Comment appelle-t-on les animaux qui vivent dans le sol?

Les animaux vivants sous terre, précisément dans le sol, sont nommés « animaux fouisseurs ». D’après le dictionnaire Larousse :

Un animal fouisseur est un animal qui a l’habitude de fouir.

Et « fouir » ou le « fouissage » c’est parler d’un animal qui creuse le sol pour s’y cacher, comme, par exemple, le tamia, s’y abriter comme la marmotte, ou y circuler comme les fourmis! On comprend donc que les animaux qui creusent le sol le font dans un but différent selon l’espèce!

Est-ce que les animaux fouisseurs existent depuis longtemps?

La trouvaille de fossiles démontre que le fouissage est une technique qui existe depuis de très nombreuses années, que ce soit pour les organismes terrestres ou aquatiques*.  

À quoi ça sert de vivre dans le sol?  

Vivre dans le sol est un avantage pour se cacher des prédateurs. Ça permet aussi de se protéger des incendies et des grands froids, ainsi que des rayons ultraviolets, soit des rayons invisibles qui se trouvent dans la lumière du soleil et qui peuvent être nocifs.  

Est-ce qu’ils se retrouvent au même endroit dans le sol?  

Et bien, en fait, non. La faune édaphique** est celle que l’on retrouve proche ou sous la surface du sol. Les animaux agitent la terre et y creusent leurs tanières (comme les tamias rayés, par exemple), pour y vivre à l’année ou pour hiberner. Ces animaux sont divisés en deux groupes. Les animaux hémiédaphiques, ceux qui sont à proximité de la surface, comme les mille-pattes, vont remuer la litière organique***. Puis, plus profond sous terre, nous avons les animaux euédaphiques. Ils possèdent les caractéristiques physiques adaptées à la vie souterraine comme, par exemple, des yeux quasi inexistants, car le sens de la vue n’y est pas vraiment nécessaire. C’est le cas de notre fameux condylure à nez étoilé.

Fun fact : Le collembole se retrouve à tous les niveaux! Il fait partie des invertébrés qui peuplent en plus grand nombre les sols! On les retrouve en surface à tenir la jasette au mille-pattes, un peu plus profondément à dormir avec notre tamia, et enfin encore un peu plus bas, tenant compagnie à notre taupe au nez étoilé!

Quels types d’animaux vivent dans le sol?  

Un peu de tout! Nous avons des mammifères comme les tamias, les condylures, les marmottes, et les musaraignes, qui y vivent à l’année ou y hibernent. Il y a des insectes et d’autres invertébrés qui y vivent, soit juste sous forme de larve, comme la cigale, soit tout au long de leur vie, comme les fameuses fourmis ou les vers de terre. Les couleuvres vont y vivre en hiver, rassemblées et collées ensemble en très grand groupe, dans une sorte de terrier que l’on appelle un hibernaculum. Et enfin, certains oiseaux vont aussi y creuser leur nid comme certaines hirondelles ou des martins-pêcheurs! Et il y en a encore bien d’autres!  

Les hirondelles de rivage vivent en colonie et font leur nid dans les bancs de sable.

Est-ce que c’est important pour notre planète, des animaux qui vivent dans le sol?  

Oui et je dirais même très important! Ils permettent en quelque sorte de labourer la terre! Plus il y a du monde qui remue là-dedans, plus le sol est mélangé. Cela accélère la décomposition de la matière organique, et donne un sol plus homogène. N'oublions pas que cela contribue aussi à l’apport d’oxygène, qui est essentiel à la vie des animaux du sol, et, ce qui crée, au final, un sol fertile et propice à la naissance des végétaux. 😉

NOTES

* On connait l'identité d'un de ces probables dinosaures fouisseurs : Lystrosaurus. Ce « reptile mammalien » de la grosseur d'un cochon en santé avait de puissantes pattes avant, suggérant son habitude de creuser dans le sol. Il aurait existé il y a environ 250 millions d'années. C'est un des seuls à avoir survécu à la grande extinction de la fin du Permien. Peut-être était-il caché sous terre?

** On appelle « animaux épiédaphiques » ceux qui vivent à la surface du sol.  

*** La litière organique, c’est l’ensemble des débris végétaux qui recouvrent le sol. En forêt, par exemple, elle est composée, en grande partie, de feuilles mortes.

Par Lou, éducatrice-naturaliste

Sources images : Gilles Gonthier, Alan Vernon

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