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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
L'automne ou la saison de changement

Couchers de soleil éblouissants, arbres aux belles couleurs, journées qui raccourcissent, feuilles multicolores qui finissent par tapisser le sol... Ahhhh c’est beau l’automne, cette saison colorée, remplie de changements!

Couchers de soleil éblouissants, arbres aux belles couleurs, journées qui raccourcissent, feuilles multicolores qui finissent par tapisser le sol... Ahhhh c’est beau l’automne! Cette saison colorée, remplie de changements, est le moment de se préparer à la saison froide! Car, bien que la neige ne soit pas encore arrivée, on sort déjà les souffleuses des remises. Lorsque nous râtelons les feuilles et que nous chargeons nos pneus de voiture, que se passe-t-il dans la nature?

Un phénomène astronomique

D’abord, le principe au cœur même de cette saison de passage est bien entendu relatif à notre parcours autour de notre étoile. Hé oui, il est bien question ici de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui permet d’apprécier quatre saisons à notre latitude. Lorsque l’automne arrive autour du 21 septembre, contrairement à l’équinoxe du printemps, la Terre est inclinée de sorte que l’hémisphère nord ne se présente pas de manière directe aux rayons solaires. Si tu suis bien le raisonnement, le rayonnement frappe la Terre de manière oblique par rapport à l’équateur qui les reçoit de manière perpendiculaire.

Savais-tu que la comète de Halley (la plus connue de toutes les comètes) est à l’origine des Orionides? Les quoi? Les pluies d’étoiles filantes que tu peux observer dans la région astrologique d’Orion durant tout le mois d’octobre. Ou encore les Taurides, qui se déroulent de la fin septembre à la fin novembre dans la constellation du Taureau, au niveau des Pléiades. Les premières voyagent à une vitesse de 66 km par seconde, tandis que les secondes filent à 29 km/s. Ce deux phénomènes semblables aux Perséides, mais, tous trois, avec des intensités différentes.  

En passant, sais-tu pourquoi les couchers de soleil automnaux sont majestueux et plus colorés qu’à l’habitude? C’est encore l’inclinaison du rayonnement lumineux qui favorise une diffraction* de la lumière dans l’atmosphère, reflétant ainsi des couleurs plus vives sur des nuages bien plus présents que lors des autres saisons.

Climat et météo

Voilà ce qui nous amène à parler des phénomènes climatiques et météorologiques qui se produisent à l’automne. Alors, que se passe-t-il de si spécial? Comment est-ce que le climat influence-t-il notre perception du changement? D’abord, le froid arrive du nord et les poussées d’air chaud en provenance du sud sont moins puissantes. Ce brassage d’air est propice à des mélanges explosifs! L’automne est la saison des ouragans. Bien que ces phénomènes extrêmes ne nous atteignent pas comme tel, nous ressentons tout de même leurs derniers souffles. Ces tempêtes extra tropicales entraînent une hausse des précipitations. Beaucoup d’eau voyage ainsi jusqu’au nord du continent, surtout en bordure de l’océan Atlantique. De plus, nous allons toujours ressentir les relents des chaleurs en provenance du Sud et nous allons toujours recevoir les alizées polaires, des vents frisquets et humides. C’est pourquoi le Québec est une région particulièrement favorable pour la formation de cocktail météo, soit une multitude de phénomènes météo provoqués au même moment. Ainsi, il n’est pas rare de vivre des épisodes de vents violents et des bonds des températures durant cette période de l’année. De grands changements atmosphériques s’opèrent en quelques semaines!

C’est le temps de sortir!

L’automne, ce n’est peut-être pas le temps de mettre ses skis, mais c’est définitivement le bon moment de profiter des températures parfaites pour faire des balades. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Sortir dehors et observer les oiseaux migrateurs partir est immanquable.** Il faut entre autres souhaiter un bon voyage aux courageux carouges à épaulettes et aux grandes oies des neiges. Et tant qu’à être dehors, lève les yeux et prend le temps d’admirer les arbres. Les visiteurs viennent des quatre coins du monde pour voir les couleurs du Québec en automne.***  

Ensuite, si tu jettes un œil au sol, tu remarques que les plantes ont commencé à faner; c’est la diminution de la photopériode et le refroidissement des températures qui en sont les responsables. Mais, sous terre, les plantes ont tout ce qu’il faut pour passer l’hiver. Rhizomes, graines ensevelies et racines resteront au chaud pour se réveiller au printemps. Et à travers les restants dorés des plantes, on voit des centaines d’espèces de champignons qui sont en fructification!  

Peut-être que lors de ta balade tu verras un tamia préparer son nid pour son hibernation, ou un écureuil faire des réserves de nourriture. L’automne, c’est la grande saison de la préparation à l’hiver pour tous les animaux! Mais nous aussi devons se préparer à hiverner! Non seulement, nous devons nous habiller de vêtements plus chaud, mais en fermant son jardin ou son potager, il faut aussi protéger le sol, soit en y mettant de la paille ou bien les feuilles recueillies sur son terrain. Note bien qu’il n’est pas idéale de mélanger les strates de terre, car des insectes et des bestioles s’y cachent pour l’hiver. Avec les restants de racines et de débris verts, ils favorisent l’équilibre biologique du sol et la décomposition de la matière, qui plus est avec l’aide des champignons!

Enfin, à l’automne, la luminosité nous manque, et cela se répercute sur le moral de certaines personnes, c'est vrai. Il faut prendre son courage à deux mains, pour en profiter et assister à un des plus grands changements dans la nature! C’est le temps de vivre de belles expériences extérieures sous les couleurs pour la fin d’année, de prendre du bon temps avec ses ami.e.s en randonnée ou de déguster de délicieuses récoltes automnales, comme les tomates, les pommes et les courges récoltées en fermant ton jardin!  

NOTES

*La diffraction, c’est ce qui arrive quand une onde comme la lumière rencontre un objet ou passe par une ouverture. Parfois, elle dévie de son parcours original.

** Les sites d’observation d’oiseaux migrateurs ne manquent pas et ils sont de plus en plus connus. Le pavillon d’accueil du parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, au secteur Marais, est un magnifique endroit pour parfaire son sens de l’observation. Le parc René-Lévesque situé à Lachine est aussi idéal pour les amateurs d’oiseaux.

*** On recommande d'aller admirer ça du sommet du Mont du Lac-des-Cygnes, dans la région de Charlevoix. Pour ceux qui sont plus près de Montréal, le sentier des Cimes, dans les Laurentides est carrément OUF! Et y'a rien comme la tourbière dorée du parc écoforestier de Johnville en Estrie.

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : PxHere, John Brighenti, PxHere

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Qc-Nature
L'été, ici

L’été, c'est le moment idéal pour être toujours dehors, profiter d'un bain de soleil et faire du sport ou du plein air. On s'amuse à l’extérieur, tout en ayant chaud, avec une bonne dose de vitamine D!

Ah, comme il fait chaud, comme il fait beau! Enfin les vacances... pour les étudiants, du moins. L’été, c'est le moment idéal pour être toujours dehors, profiter d'un bain de soleil et faire du sport ou du plein air. On s'amuse à l’extérieur, tout en ayant chaud, avec une bonne dose de vitamine D! Ça tombe bien, l’été, c'est la saison la plus chaude, avec les journées les plus longues et les nuits les plus courtes. C'est pour ça qu'on est toujours dehors! (Mais, entre nous, toutes les saisons sont bonnes pour jouer dehors!)

L'asclépiade en fleur

L'été astronomique

Il y a plusieurs façons de comprendre l'été, cette saison hors pair. D'abord, il y a le principe astronomique, qui est en lien avec l’axe incliné de la Terre : quand c’est l’été en Amérique du Nord, c’est que le nord du globe est incliné vers le soleil. Il est donc plus près du soleil et il reçoit une plus grande puissance de rayons lumineux. Pas étonnant qu’il fait chaud en été!

Phénomènes naturels

Ici, c'est sans contredit la saison de la canicule! À part le fait que l’hémisphère nord reçoit plus de rayons lumineux, c’est notamment parce que le Québec est une zone de convergence des courants atmosphériques qu'on y vit autant de canicules. En effet, en été, on a des masses d’air chaudes provenant du sud, qui se déplacent naturellement vers le nord, en plus d’autres courants d’air qui transportent l’humidité des grands lacs de l’ouest vers l’est! C’est donc de cette manière qu’on peut subir un environnement caniculaire très humide, surtout à proximité des cours d’eau importants tel que le fleuve Saint-Laurent et ses affluents.  

On entend souvent que c'est aussi la saison des feux de forêt. Mais, ces feux ne sont pas tous aussi nuisibles qu’on ne le pense : certains arbres du nord du Québec en ont besoin non seulement pour se débarrasser des infestations d'insectes nuisibles tordeurs de bourgeons, par exemple, mais également pour se reproduire. Les pins sylvestres (tordus) et les pins gris nécessitent une chaleur intense pour favoriser l'ouverture de leurs cônes et la libération de leurs graines. De plus, les feux permettent de libérer d’excellents éléments nutritifs pour les futurs arbres. Malheureusement, la sécheresse et les incendies accidentels n'offrent pas toujours le résultat escompté. Les incendies géants peuvent être hors de contrôle, surtout lorsqu’il y a présence d’habitations.  

À cela s’ajoute le dérèglement du climat mondial, qui entraîne son lot de perturbations et de cocktails météorologiques. Afin d'affronter les étés de plus en plus chauds, il ne s’agit que d’être prêt. Laisse aller ton imagination sans trop consommer d’énergie, et le tour est joué pour passer de beaux étés!

Activités estivales

L’observation d’oiseau bat son plein pour plusieurs aventuriers qui désirent en apprendre plus sur ces animaux. Passer des moments tranquilles dans la nature tout en partageant leur environnement le temps d’une petite collation peut nous faire que du bien moralement. C’est aussi le temps des petits fruits en forêt, mais attention de bien les reconnaître par contre; ce n’est plus vraiment du jeu si tu te rends malade, n’est-ce pas?

As-tu déjà pensé à faire du kayak? C’est un sport extraordinaire qui te permet de naviguer sur les eaux douces ou bien saumâtres du Québec.* Ou encore, si tu te sens plus exotique, c’est de voguer sur les eaux salées un peu tumultueuses des côtes continentales. En tout cas, avec toute l'eau qu'il y a sur le territoire, ce n'est pas les expéditions qui manquent. Tu ne manqueras plus une occasion de voyager et d'expérimenter tes nouvelles aptitudes sur les milliers de lacs et rivières qui ensemencent la province.  

Psst, en passant, rapporte-nous une chute! Envoie-nous ton image et ton appréciation ici.

Ça pousse ici-bas!

L'été, c'est aussi un signe d'abondance. Les animaux, les insectes et les végétaux sont de plus en plus présents. Même si ton potager n'est pas au meilleur de sa forme puisque tout est en train de pousser, il y a tout de même des cultures que tu peux tenter de récolter en plein été. Les radis, les laitues, les herbes aromatiques et certaines petites tomates peuvent te sustenter avant les principales récoltes. Mais, ce n'est pas tout! Les animaux aussi doivent manger, et ce n'est pas parce que tu n'as pas grand-chose dans ton jardin qu'ils ne se nourriront pas. Les décomposeurs (insectes, bestioles, champignons, etc.) sont à l’œuvre pour te faire un bel humus. Les fleurs étant sorties sur la plupart des végétaux, celles-ci vont donner naissance à de délicieux fruits qui seront dégustés et engloutis par les plus voraces comme les écureuils. Les herbivores d'abord, mais aussi les pollinisateurs vont s'en donner à cœur joie pour ne manquer aucune fleur sur leur passage. Ces petites bêtes commencent à renaître pour ensuite satisfaire l'appétit des chasseurs d'insectes telle la chauve-souris sortie de son hibernaculum ou revenu de migration.

S'accommoder de protéines de fourmis et de sucre provenant de petites baies est sans doute le régime alimentaire le plus farfelu qui soit, tu ne trouves pas? Tu sais de quel animal je veux parler? L'ours noir, bien sûr, c'est lui qui est si affamé au printemps, mais rendu à l'été, il se crée une énorme zone de récolte. Oui, oui! Les graines de petits fruits comme les bleuets ne sont pas vraiment digérées dans son estomac à cause de la cellulose qui les enveloppe, ce qui fait en sorte qu'elles s'en retrouvent disséminées un peu partout sur son territoire qu'il arpente. S'en suit une reforestation nourricière.

Enfin, il ne faut pas oublier que l'été a besoin d'eau. Nous transpirons, tout comme les animaux, et nous avons besoin de s’hydrater convenablement. Quoi de mieux qu’un délicieux verre d’eau aux fruits à l’ombre d’un arbre où la cigale stridule à tue-tête? Même les arbres en ont besoin pour passer l'hiver et développer leurs bourgeons le printemps venu. Les sucres, produits lors de la photosynthèse estivale, serviront aussi à cet effet, à condition qu'il pleuve suffisamment durant l'été pour faciliter le stockage de ce précieux résultat entre les échanges terrestres et atmosphériques.  

L'été, c'est un poème en soie, en satin, ainsi qu'en lin.  

Mais ici, c'est aussi de l'asclépiade, de l'escalade, et de longues balades de bon matin!

NOTES

* D’ailleurs, connais-tu les sites nautiques gérés par l'équipe de GUEPE? Il y a une multitude de sorties plein air sur l'eau. Tu peux, entre autres, y faire des balades en kayak au levé ou bien au coucher du Soleil afin de découvrir autant les aspects écologiques qu'historiques de la rivière des Prairies et du canal de Lachine. Ce sont des moments inoubliables qui te donneront de plus en plus envie de participer à cette culture aquatique rafraîchissante. Si, par hasard, tu ressens le besoin d'un cour nautique particulier pour tes futures explorations, saches que notre équipe est là pour toi! Oui, nous offrons aussi des initiations.

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Tom Potterfield, Jean Beaufort, National Parks Gallery

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Choix du naturaliste
Le printemps, aussi délicieux que magnifique

Le printemps est probablement une des saisons les plus attendues à travers le monde. Elle est renaissante, sucrée, poétique et gustative. Elle est synonyme de lumière, de changement et bien entendu, de science.

Cette saison est probablement l'une des plus attendues à travers le monde. Elle est renaissante, sucrée, poétique et gustative. Elle est synonyme de lumière, de changement et bien entendu, de science.  

Nous n’allons pas aborder les œuvres artistiques de Botticelli ou de Vivaldi, ni les mouvements politiques, tel que le printemps érable. Nous allons plutôt nous concentrer sur ses caractéristiques agricoles, météorologiques et astronomiques qui influencent fortement les cultures et les coutumes particulières des régions nordiques américaines.  

Les perce-neige sont parmi les premières plantes à apparaître au printemps!

Semences et sucres

D’abord, le printemps est agricole. Après trois ou quatre mois de neige et de températures bien froides, les populations nordiques attendent le retour des temps cléments. Avant l’été où il fait bon prendre des vacances en regardant pousser les champs, il est primordial de semer les graines qui nourriront le monde entier. Oui oui, pratiquement le monde entier, car une bonne partie de nos produits régionaux sont exportés pour être dégustés à l’étranger.  

Mais ce n’est pas qu’une saison où l’on sème nos fruits et légumes, c’est également une saison très importante pour une récolte bien spécifique en Amérique du Nord... Certain que tu sais de quoi il est question. C’est un liquide très prisé à travers le monde et qui ne provient pas de plantes agricoles, mais bien des arbres. Il s’agit bien sûr de notre fameux sirop d’érable. Ce sont surtout les régions situées au Nord-Est des Amériques qui récoltent cette délicieuse sève le printemps venu.

Tout au long de l’année, les racines ont emmagasiné des sucres. C’est grâce à ces réserves que les érables affrontent la période hivernale. Lorsque le dégel printanier arrive enfin, la sève sucrée sert naturellement pour l'éclosion des bourgeons. C’est aussi l’heure de la récolte. Attention! Il faut récolter au bon moment : alors qu’il fait seulement quelques degrés au-dessus de 0°C le jour et quelques degrés en-dessous la nuit. Ne t’inquiète pas, on laisse bien assez de sève aux arbres pour accomplir leurs fonctions vitales, on n‘en siphonne qu’un petit 5 % totale pour chaque arbre.

Une question d’inclinaison

Attention, savais-tu qu’au printemps, et à l’automne, la Terre est plus proche du Soleil qu’elle ne l’est en hiver ou en été ? Eh oui! Il faut bien comprendre que ce n’est pas la distance avec notre étoile qui influence les saisons, mais bien l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre. Voyons ça de plus près !

Le printemps est bien sûr le moment de l’année où les jours commencent à rallonger. En effet, c’est désormais autour du 20 mars, et non plus le 21 mars des dernières décennies, que notre vaisseau spatial arrive à un endroit bien précis au tournant de sa course autour de notre Soleil. C’est le grand équinoxe du printemps (il y en a un également en automne). À cette période, le jour et la nuit auraient normalement la même durée partout sur terre. Mais, l’axe de rotation de la planète n’est pas parfaitement vertical : il a une inclinaison de 23,4°, qui fait en sorte que certaines régions ont leur « équiluxe » (équi pour égale; luxe pour lumière) quelques jours avant ou bien quelques jours après avoir passé le point d’équinoxe. Ainsi, à notre latitude, autour de Montréal par exemple, cette journée parfaitement égale en luminosité arrive environ trois jours avant l’équinoxe astronomique.  

Lors de cette journée, ce qui est encore plus incroyable, c’est que le Soleil ne semble pas couché alors qu’il l’est véritablement dans sa position géographique. La réfraction des rayons solaires dans l’atmosphère donne l’illusion que le Soleil est toujours au-dessus de la ligne d’horizon!

Si tu veux savoir à quelle heure exactement surviennent les équinoxes, tu n’as qu’à te rendre sur le site du Conseil national de recherche du Canada, en suivant le chemin des saisons.  

C’est le début d’un temps nouveau

Enfin, le printemps est aussi signe de renaissance. Après avoir passé une grande partie de l’hiver à l’intérieur, les gens sortent dehors plus longtemps, et même plus tard. Tout le monde le sait, on troque vite nos manteaux d'hiver pour nos petits shorts dès les premiers 10°C! Au printemps, la température et la luminosité reviennent en force. C'est le moment de faire le plein de vitamine D en provenance du Soleil, mais c’est aussi le moment pour faire attention aux coups de soleil, car le rayonnement ultraviolet (U.V.) bat son plein!  

C’est aussi le grand retour des oiseaux migrateurs. Tu ne sais pas à quel point il est bénéfique d’entendre et de voir les oiseaux pour aider notre moral. D’autant plus que la verdure reprend ses droits à vitesse grand V, ce qui fait d’autant plus le bonheur de notre humeur! Les animaux qui hibernent se réveillent. Ils doivent trouver de la nourriture qui est malheureusement restreinte avant l’éclosion des premiers bourgeons et des premières fleurs printanières. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est impératif de laisser pousser les pissenlits et de les conserver le plus longtemps possible afin de favoriser la reprise du travail ô combien important des pollinisateurs butineurs. Sans eux, il n’y aurait pas de récoltes et beaucoup moins de couleurs et de variété partout où nous allons pour nous faire revivre un printemps aussi délicieux que magnifique!

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay

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Vedette du mois
Le cycle des saisons

La Terre tourne sur elle-même, autour de son axe central, alors qu’elle avance sur son orbite. Cet axe est légèrement incliné et cet angle d’à peine 23,4° est le moteur du changement des saisons : un show grandeur nature!

On sait qu’en 365 jours, notre planète complète le parcours de son orbite autour du Soleil. Ce grand tour, c’est la révolution de la Terre. On sait que la Terre tourne sur elle-même*, autour de son axe central, au fur et à mesure qu’elle avance sur son orbite. Mais est-ce qu’on sait que cet axe est légèrement incliné et que cet angle d’à peine 23,4° est le moteur du plus beau spectacle de la nature? Le changement des saisons, de l’hiver au printemps, de l’été jusqu’à l’automne, ça, mesdames et messieurs, c’est un show grandeur nature!  

 

Le tilt de la Terre

Une orbite (A), c’est la trajectoire d’un objet (X) dans l’espace autour d’un autre objet (Y). Quand l’orbite est déterminée, on imagine un espace plat en forme de disque qui relie le centre de l’objet en orbite au centre de l’objet autour duquel il orbite. C’est le plan orbital (B, étant une fraction du plan orbital).  

L’axe central (C) de la Terre** est incliné par rapport à son plan orbital. La Terre est donc légèrement penchée et tourne autour de cet axe. (D’ailleurs, l’axe de rotation ne change jamais au cours de sa révolution.) À cause de cette inclinaison, à certains moments sur son orbite, l’un ou l’autre des hémisphères*** de la Terre (D) se trouve plus près du Soleil. Lorsqu’un hémisphère (Nord ou Sud) est incliné vers le Soleil, les jours sont plus longs et plus chauds. Au contraire, lorsqu’il n’est plus incliné vers le Soleil, les journées sont plus courtes et plus froides. C’est ce qui crée le cycle des saisons.****

 

Une définition de saison

On pourrait définir une saison comme une période de temps qui revient annuellement et qui se distingue des autres par sa température, sa photopériode (soit la partie de la journée durant laquelle il y a de la lumière) et, conséquemment, par sa météo.  

Pour les habitants de l’hémisphère Nord, comme nous, les Québécois, l‘été commence le 20 ou 21 juin (le solstice d’été); c’est le jour avec la plus longue photopériode. À ce moment, l’hémisphère Nord est incliné vers le Soleil. Il reçoit alors plus longtemps les rayons solaires qu’en hiver, quand l’hémisphère Nord est incliné en direction opposé au Soleil. L’hiver débute le 21 ou le 22 décembre (au solstice d’hiver). C’est donc le jour avec la plus courte photopériode. Le printemps commence le 20 ou le 21 mars et l’automne, le 22 ou 23 septembre, les deux moments de l’année (les équinoxes) où il y a une équivalence entre la durée du jour et de la nuit.  

 

La grande opposition

On sait maintenant que lorsqu’un des hémisphères est plus rapproché du Soleil, l’autre est nécessairement plus éloigné. Cela signifie que les saisons sont inversées d’un hémisphère à l’autre. Alors, quand le Québec entame la saison hivernale en décembre, au même moment, c’est l’été qui commence en Australie! Eh oui, tu as bien compris! Ça veut dire que pour nos voisins de l’hémisphère Sud, l’hiver commence en juin, alors qu’on prépare nos vacances d’été! Un monde à l’envers (c’est le cas de le dire!).  

Mais qu’arrive-t-il lorsqu’on se trouve dans la zone centrale de la Terre, près de l’équateur? Le changement des saisons y est presque nul. La température et la photopériode ne varient que très peu. Plutôt que de passer à travers le cycle complet de quatre saisons, on y vit plutôt que deux périodes distinctes : une plus humide (la saison des pluies) et une plus sèche (la saison sèche). Le cycle complet des saisons est donc un phénomène qui se vit dans les latitudes intermédiaires des hémisphères.  

Il faut donc comprendre qu’on est pas mal chanceux ici de voir tous les ans, immuablement, les paysages changer sous nos yeux. On passe du manteau blanc de neige, aux prairies qui verdissent. Les animaux se réveillent, les oiseaux reviennent. On voit les bougeons éclore, le soleil chauffer les feuilles et les canicules. Et finalement, le vent revient, les feuilles se colorent, les oiseaux repartent et c’est la première neige. Ça, c’est un spectacle qui n’est pas donné à tout le monde.  

NOTES

* En 24 h, la Terre fait un tour sur elle-même.

** Quand on parle de l’axe d’une planète, c’est une ligne droite invisible entre ses deux pôles. C’est le centre de la rotation de la planète.  

*** Un hémisphère, c’est chacune des deux moitiés du globe terrestre (selon le Larousse), ou de tout objet céleste, plus ou moins sphérique.  

**** L’orbite de la Terre n’est pas un cercle parfait, il est plutôt allongé. On pourrait croire que lorsque la Terre accède au point de son orbite le plus proche du Soleil (le périhélie), il fait plus chaud. Eh bien, non! Le périhélie est atteint en janvier, et le point le plus éloigné (l’aphélie), en plein été. Cette déformation a des impacts tellement petits sur notre climat, en comparaison avec l’inclinaison de l’axe de rotation, qu’elle n’influence pas le changement des saisons.

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : GUEPE, Pixabay, Pixabay

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318
Question du public
Le sommeil des girafes, et autres quadrupèdes étonnants

On a toutes et tous des manières bien différentes et particulières de dormir : sur le ventre, le dos, sur le côté, recroquevillé, en étoile... pour des animaux, le sommeil ne peut se faire que dans des positions bien précises.

Comment dorment les girafes?

Ah, dormir! Si tu es une marmotte comme moi qui adore dormir, tu le sais déjà, on a toutes et tous des manières bien différentes et particulières de dormir : sur le ventre, le dos, sur le côté, recroquevillé, en étoile ou un peu dans tous les sens. Ce n’est pas propre à l’espèce humaine : les chiens et les chats, entre autres, ont aussi des positions de sommeil bien particulières. Mon cell. regorge de photos de mon cher félin dormant dans toutes les positions possibles et imaginables… Cependant, pour certains animaux qui ont une stature particulière, comme les girafes, le sommeil ne peut parfois se faire que dans des positions bien précises. La souplesse n’est pas donnée à tout le monde!  

Cas 1 : Le sommeil des chevaux

Puisqu’on ne voit pas souvent un cheval se coucher ou s’assoir, il nous arrive souvent de nous demander si cet animal dort debout. Plus besoin de passer des nuits d’insomnie à te demander si oui ou non un cheval, ça dort debout : la réponse est oui, mais pas seulement!  

Alors que tu prends souvent la même position lors de ta sieste ou pour passer la nuit (à part si tu as la capacité miraculeuse de dormir assis sans te casser le cou au passage…), le cheval peut dormir dans plusieurs positions : debout, assis ou complètement couché! Cependant, la position dans laquelle un cheval dort ne dépend pas de son envie, mais du sentiment de sécurité. De plus, la position impacte le type de sommeil dans lequel il se plonge.  

Si le cheval est assis, c’est-à-dire couché sur la poitrine, les pattes repliées sous le corps et la tête droite – aussi appelé « couché en vache » –, il tombe dans un sommeil à ondes lentes. Il sera alors capable de se redresser relativement vite en cas de danger. Si le cheval est allongé de côté sur le flanc avec les jambes et la tête étendues sur le côté, il rentre dans un sommeil paradoxal, donc plus profond. Et s’il dort debout, c’est qu’il ne se sent pas en sécurité. Il somnole plutôt. En cas de danger, il aura beaucoup plus de facilité à s’enfuir rapidement!  

À savoir, quelle que soit la position, leur sommeil ne dure pas plus que 20 minutes!

Un cheval qui dort ben dur

Tu vas me dire, mais c’est quoi le rapport avec les girafes? J’y arrive! Alors, comment ça dort une girafe?

Cas 2 : Le sommeil des girafes

Parmi les animaux à la morphologie étonnante figure une grande espèce africaine bien particulière : la girafe. Son TRÈS long cou et sa taille imposante auront amené de nombreux questionnements. En effet, ce cou immense lui permet d’accéder à de précieuses feuilles vertes en haut des arbres de la savane et a entrainé de nombreuses adaptations dans son corps pour qu’il fonctionne à merveille. C’est notamment le cas de son système sanguin. Afin d’amener assez de sang oxygéné à sa tête, il faut un cœur capable de propulser le sang avec assez de pression. Mais ça, on y reviendra!

Une autre question se pose face à cet étrange animal : comment est-ce qu’on dort avec un cou pareil? Un peu à la manière des chevaux, la girafe peut somnoler debout, de jour comme de nuit. En effet, elle n’a pas besoin de beaucoup de sommeil : seulement 4 ou 5 heures par jour! Son sommeil est donc constitué de plusieurs siestes ne dépassant pas 20 minutes, et de 3 à 4 heures de sommeil profond.

Pour ce sommeil profond, elle peut rester debout. Mais ce n’est pas toujours le cas. Puisque la girafe a peu de prédateurs dans la savane, elle peut se sentir à l’aise de s’installer confortablement pour ses heures de vrai sommeil. La définition de confortable lui est cependant très différente de la nôtre. Alors que nous dormons couchés, bien au chaud sous une couette douillette et sur un matelas moelleux, la girafe a une position bien particulière : posée sur le sol, les pattes repliées sous son corps, elle renverse son cou vers l’arrière et pose sa tête sur son dos.  

Bonne nuit!
Crédit : Marc (flickr)

Une scène bien étrange et qui nous semblerait pour le moins inconfortable! Fait intéressant : puisqu’elles peuvent dormir debout aisément, seulement 5 % des girafes adultes dorment dans cette position couchée étonnante!

 

Autres dormeurs étranges et où les trouver

Évidemment, les chevaux ou les girafes ne sont pas les seuls animaux ayant des positions de sommeil particulières. Plusieurs grands singes, tels que les bonobos, gorilles, chimpanzés et orang-outans dorment en hauteur sur des plateformes qu’ils ont mises en place pour éviter les prédateurs. Les léopards peuvent dormir en hauteur, couchés sur des branches. Il en va de même pour les paresseux ou encore les koalas, qui dorment dans la canopée.

Les baleines et dauphins peuvent dormir en pleine traversée de l’océan, en mettant la moitié de leur cerveau en veille (on t'explique ça ici), exploit que peuvent aussi réaliser les martinets noirs en plein vol lors de leur migration de l’Europe vers le sud de l’Afrique! (On y reviendra à ça aussi!) Certaines loutres de mer peuvent même somnoler en pleine eau, flottant sur le dos!

Si le sommeil est aussi varié dans le règne animal, autant en méthode qu’en durée, c’est aussi et surtout une question de sureté. Contrairement aux humains qui peuvent dormir longtemps en sécurité dans leurs maisons, beaucoup d’herbivores ne dorment pas beaucoup, car ils doivent surveiller les prédateurs et aller chercher de la nourriture. Il en va de même pour certains prédateurs qui ont besoin de chasser en quantité : pas facile de surveiller des proies potentielles si l’on dort profondément!

Par Julie, chargée des projets

Sources images : Andrew Gray, Marc (flickr)

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