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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Et si découvrir la nature te faisait voir le monde autrement?

L’interprétation de la nature, ce n’est pas juste apprendre la nature, c’est la vivre, la ressentir… et s’y attacher.

L’interprétation de la nature, c’est bien plus que nommer les plantes ou repérer des traces d’animaux. C’est une façon de raconter la nature pour te la faire vivre, te la faire ressentir. En gros, c’est l’art de connecter les gens au monde vivant, en leur faisant découvrir ce qui se cache derrière un paysage, un chant d’oiseau ou même une vieille souche pleine de mousse.

Quand tu participes à une activité d’interprétation, tu ne reçois pas juste de l’information : tu vis une expérience. On te fait voir des choses que tu n’avais jamais remarquées, on t’aide à comprendre comment tout est lié : le climat, les plantes, les animaux, toi. Et souvent, ça passe par des histoires, des jeux, des analogies ou des moments d’émerveillement. Tu repars en ayant appris quelque chose, oui, mais surtout en ayant ressenti quelque chose.

Et c’est là que la magie opère : plus tu comprends la nature, plus tu y tiens. C’est ce lien émotionnel, cette prise de conscience tranquille, qui mène à la sensibilisation. Pas besoin de gros discours ou de statistiques qui font peur. Juste prendre le temps d’observer, de s’émerveiller, de poser des questions.

En fin de compte, l’interprétation de la nature, c’est une porte d’entrée vers un regard plus curieux, plus respectueux et souvent plus engagé envers le monde qui nous entoure. Parce que quand tu t’attaches à quelque chose, t’as envie de le protéger.

Par Anne-Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : GUEPE

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Neige tassée, nature stressée

Tes pas on un impact sur la neige et sur tout ce qu'elle cache. Penses-y avant de mettre le pied à l'extérieur du sentier.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Tes pas dans la neige ont plus d’impact que tu ne le penses! Sur les hauts plateaux de Charlevoix, la compaction de la neige peut chambouler tout un écosystème.

La compaction de la neige, c’est quand les flocons de neige se font tasser ensemble et amincissent la couche qu’elle forme. Elle peut se faire compacter par les passages répétés de randonneur ou même de véhicules pendant l’hiver.

Quand la neige devient un mur infranchissable  

Imagine être un lièvre d'Amérique et devoir creuser un terrier dans de la neige compactée... Mission impossible! Cette neige tassée complique aussi la vie des renards, qui peinent à atteindre leurs proies dissimulées sous la surface. Le passage des motoneiges amplifie cette compaction.

Un lièvre d'Amérique

Un écosystème bruyant

La neige fraîchement tombée permet de réduire le bruit du passage de véhicules comme les motoneiges, mais sa compaction vient atténuer cet effet, perturbant ainsi davantage les animaux. À cause de ces phénomènes, de nombreuses espèces, comme les orignaux ou les cerfs de Virginie, se mettent à fuir des zones riches en nourriture.

Plantes sous pression : étouffées sous la neige compacte

Pour les plantes, cette compaction réduit l’air et l’espace vital sous la neige. Certaines espèces fragiles, comme les mousses et les lichens, peuvent suffoquer et disparaître localement. Les jeunes conifères sont aussi plus vulnérables aux dommages physiques. La compaction altère également les propriétés isolantes de la neige, exposant les végétaux et les micro-organismes à des températures plus froides, menaçant leur survie.

Sous tes pas, la vie qui s’essouffle

Et le sol dans tout ça? La compaction limite les échanges gazeux, ralentissant l’activité des microbes qui assurent la santé du sol. Avec moins de microbes actifs, le sol recycle moins bien les nutriments, retardant ainsi le retour de la végétation au printemps. Si la couche de neige est mince, le sol devient encore plus vulnérable à cette compaction, favorisant l’érosion et la pollution des cours d'eau lors de la fonte. Et lorsque la couche de neige est trop mince, le sol, déjà fragilisé, s’érode plus facilement. À la fonte, particules et polluants sont alors entraînés vers les ruisseaux, mettant en péril la qualité de l’eau.


Alors, la prochaine fois que tu arpentes les hauts plateaux, reste sur les sentiers balisés. Ton coup de raquette préservera les trésors cachés sous la neige!

Par Arthur, naturaliste

Sources images : Artem Mizyuk, Denali National Park and Preserve, Richard Goulet

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Choix du naturaliste
Neige en altitude : les secrets des hauts plateaux de Charlevoix

La neige est essentielle sur les hauts plateaux. Voyons comment elle agit sur cet écosystème des montagnes.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Quand tu te balades sur les hauts plateaux de Charlevoix en hiver, tu as peut-être remarqué que la neige ne s'accumule pas partout pareil. Ce n'est pas le fruit du hasard!

Entre sud et nord : la neige choisit son camp

En altitude, la neige fond différemment qu’en plaine. L'orientation des pentes joue un grand rôle : les versants sud fondent plus vite, tandis que les pentes nord conservent leur neige plus longtemps. Par exemple, une pente sud peut être dégarnie en avril, alors qu'une pente nord reste enneigée jusqu'en mai.

Les cuvettes : des réserves de neige

Dans certains creux de terrain, la neige s’accumule et forme des cuvettes. Ces « poches » naturelles fournissent de l'humidité aux plantes au printemps et servent aux petits mammifères qui s’y abritent des prédateurs et profitent de ce retard de fonte pour trouver de l’eau plus tardivement.

Crêtes soufflées : le royaume du vent

Sur les crêtes exposées, le vent chasse la neige, laissant apparaître le sol. Par temps sec, la neige peut même s'évaporer sans fondre, ce qui accélère sa disparition. Ce phénomène peut entraîner une perte importante de neige, en particulier lors d’épisodes de vents forts et secs.  

Un équilibre fragile

L’altitude joue également un rôle majeur : plus on monte, plus la neige dure longtemps, avec environ 8 % de couverture neigeuse de plus tous les 100 m d’élévation. Mais le changement climatique menace cet équilibre. Une fonte trop précoce risque de faire pousser certaines plantes trop vite, les rendant vulnérables à des gels tardifs.

Alors, la prochaine fois que tu exploreras ces paysages majestueux, observe bien la neige : elle raconte l'histoire cachée des hauts plateaux de Charlevoix!

Par Arthur, naturaliste

Sources images : Jean-Daniel Francoeur, Cemrecan Yurtman, Aawara Musafir

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Aventures d'un.e naturaliste
Une leçon de décomposition

On s'émerveille en admirant le travail des décomposeurs. Et si on s’en inspirait?

Texte paru dans Le Journal des Voisins, printemps 2025.

Matin frais et couvert, bruine légère. Le sol détrempé amplifie l’odeur terreuse de la forêt. En m’enfonçant dans le sous-bois, mon regard est attiré par un vieux tronc d’arbre tombé, couvert de mousse.

Illustration de cloportes

À genoux, je soulève doucement un morceau d’écorce pour y découvrir un petit monde en ébullition. Un mille-pattes, qui, malgré son nom, n’a pas mille pattes, se recroqueville sur lui-même. Des dizaines de cloportes restent immobiles, parfaitement camouflés. Cousins des crevettes et des homards, ces crustacés se distinguent par leur mode de vie terrestre, assez rare dans leur groupe. Tout près, un ver de terre s’enroule paresseusement, et de minuscules collemboles sautillent entre les débris. Ils possèdent un long appendice fourchu au bout de leur abdomen qui leur permet de se propulser dans les airs comme sur un ressort. Les filaments blancs du mycélium, la partie souterraine des champignons, forment un réseau dense à travers le bois en décomposition.  

Ce rondin, en apparence inutile, est une véritable centrale de recyclage. Les plus gros décomposeurs (ou les détritivores comme les vers ou les mille-pattes) fragmentent les matières organiques, les rendant plus accessibles aux micro-organismes, soit les bactéries et les champignons, qu’on appelle souvent des moisissures. Ces derniers dégradent ensuite la matière grâce à des enzymes, et transforment le bois, les feuilles, les excréments, les restes d’animaux morts en nutriments essentiels comme l’azote ou le phosphore, que les racines des plantes pourront absorber. Ce cycle, où rien ne se perd et tout se transforme, c’est le processus de la décomposition.  

Le mille-pattes, un détritivore

On sous-estime souvent ce qui se trouve sous nos pieds. Dans la forêt, on lève les yeux vers les arbres, les oiseaux, la canopée. Mais ce sont les fondations invisibles du sol qui assurent la survie de tout le reste. Sans les décomposeurs, les forêts seraient vite ensevelies sous des couches de feuilles mortes, et la vie végétale cesserait peu à peu, faute de nutriments disponibles. Ces organismes discrets rendent un service écosystémique fondamental : ils entretiennent les sols, recyclent la matière et participent à la régulation du carbone.

Ces petites créatures timides sont souvent perçues comme insignifiantes, sales, ou nuisibles. On évite de les regarder, on les écrase sans y penser, ou on les chasse par dégoût. Pourtant, ces décomposeurs jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la nature.

En quittant la forêt, je pense à mon bac brun. Quand le camion de collecte l’amène au centre de transformation et qu’on y traite son contenu, c’est comme si on imitait ce processus dans la forêt. Dans les tunnels de maturation du compost, bactéries et champignons reprennent le travail : ils décomposent les restes alimentaires, les transformant en gaz et en terreau fertile.

Dans certains secteurs d’Ahuntsic-Cartierville, la collecte des résidus alimentaires est bien implantée ou elle commence. À l’échelle de Montréal, on redouble d’efforts pour valoriser les matières organiques et réduire l’enfouissement des déchets. Une nouvelle étape débute avec l’ouverture du Centre de traitement des matières organiques (CTMO), qui permettra de transformer les déchets alimentaires en compost à grande échelle. Et tout cela repose sur le travail silencieux de millions de petits êtres.

Ce matin, la forêt m’a rappelé une vérité simple : même les plus petits rendent service et jouent un rôle immense. Et si, au lieu de les ignorer, on s’en inspirait?

Un cloporte

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : dessin et photos d'Anne F. Préaux

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Qc-Nature
L'hiver dans les hauts plateaux

Comment font les plantes et les animaux pour survivre aux difficiles conditions hivernales sur les hauts plateaux?

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

En hiver, malgré nos grosses doudounes, nos épiceries pleines et nos maisons chauffées, nous avons bien hâte au retour du printemps rendu en janvier. Imagine comment se sentent les espèces vivant dans les conditions extrêmes des hauts plateaux de Charlevoix! Une chance qu’elles sont adaptées pour passer tout l’hiver dehors! Cependant, avec le froid et surtout la perte de ressources alimentaires, cela reste un constant combat pour bien conserver leur énergie en attendant le retour de l’été.

Une astuce de conifère

Ce n’est pas un hasard que les confères, comme les sapins baumiers, peuvent garder leurs aiguilles toute l’année! La forme allongée des aiguilles et la forme conique de l’arbre limitent l’accumulation de neige et de glace sur ces derniers. Une trop grosse accumulation pourrait briser les branches, et même les troncs! Et à un moment où l’on veut économiser de l’énergie, refaire pousser des branches n’est pas une option.  

Les plantes enneigées

Le froid empêche le bon fonctionnement de la photosynthèse chez les plantes à feuilles. Elles entrent en dormance et vivent des réserves qu’elles ont stockées dans leurs racines. Même chez les plantes qui conservent leurs feuilles à l’année, comme le kalmia à feuilles étroites, c’est peu probable que la photosynthèse continue au même rythme que par des temps plus cléments.  

Cela pourrait sembler contradictoire, mais la neige est alors un super isolant pour les plantes au sol. Pleine d’air, elle permet de les protéger des températures extrêmes à la surface.

Le régime des micromammifères

Plusieurs micromammifères vivent dans les hauts plateaux de Charlevoix. En hiver, les petits mammifères qui restent actifs, comme les musaraignes et les souris, vont modifier leur alimentation pour se concentrer sur les bourgeons et écorces. Elles peuvent aussi faire des réserves dans le garde-manger de leur terrier pour avoir une alimentation plus variée. Certains micromammifères vont créer des petits réseaux sous la neige pour se déplacer tout en étant protégés du froid et des vents.  

Comment on les aide?

Comme tu vois, passer l’hiver n’est pas une petite affaire! Et même si le retour du printemps nous fait le plus grand bien, il ne faut pas oublier que ce n’est pas le retour immédiat de ressources pour les espèces. Pour rendre leur vie plus facile, voici quelques comportements à avoir quand tu vas visiter les hauts plateaux en hiver et au printemps.  

  • Ne pas arracher de branches aux arbres et aux arbustes : c’est une grande dépense d’énergie de les faire repousser.
  • Ne pas sortir du sentier : on ne sait pas qui se cache sous nos pieds!
  • Ne pas nourrir les animaux : cela pourrait sembler contre-intuitif, mais si la nourriture se fait rare et qu’on habitue les animaux à un nourrissage, que vont-ils faire la journée où personne ne vient? On doit les laisser se débrouiller eux-mêmes (ils sont adaptés pour ça).

Pour plus sur les bonnes pratiques dans les hauts plateaux, visionne nos vidéos!

Par Jeanne, naturaliste

Sources images : Mohammadreza Karami

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